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mercredi 8 juillet 2015

Vacances - Partie I

Tout d'abord, les quelques derniers dessins de cette nuit. Pour les dessins des vacances à proprement parler, j'éditerai cet article plus tard et je mettrai les scans en ligne. (Les lettres ne sont pas très bien passées à la numérisation... j'espère que vous réussirez à lire)







jeudi 14 mai 2015

Time's running out

Ce texte date de 2010. Sachant que je n'ai jamais pris le temps de le reprendre en cinq ans, ça vaut ce que ça vaut. A l'époque, je l'ai écrit sous l'inspiration de "24" de Jem, que vous pouvez écouter là : https://www.youtube.com/watch?v=AVMU6h8PP2U (Attention, ça reste assez kitsch...)

Time's running out
-Août 2010-

Vingt-quatre heures. Plus que 24. C’est tout le temps qui me reste à vivre. Une seule petite journée à passer sur cette Terre. Une vie en conclusion. 3240 minutes pour un mouvement sans retour, avec mon cœur comme seul métronome de cette macabre partition. Un jour seulement. Pas une seconde de plus.



Dix-huit heures. Plus que 18. Les minutes s’écoulent et disparaissent. Encore 64800 ridicules petites secondes. Peu importe où je vais, tout s’achève ce soir. J’ai déjà trop gâché de temps. Je n’en ai plus à perdre. Je voudrais échapper à la fin. Courir encore, loin de ce dénouement annoncé. Toujours plus loin. Je suis prisonnier de mon corps. Fuir est inutile.



Treize heures. Plus que 13. Neuf se sont déjà écoulées. Pas plus de 780 minutes à passer. Ma vie se raccourcit inexorablement. Une course vaine contre la mécanique infernale. J’entends les rouages du diable et les secondes s’égrainent. La machine ne peut pas s’enrayer. Elle est éternelle et invincible. Pas d’illusion ou d’espoir superflu. Je ne survivrai pas à cette journée. Je le sais. On ne bat pas l’enfer.



Huit heures. Plus que huit. Les secondes filent. Fatalement 480 minutes et le temps disparaît plus vite. Je vois déjà le bout. C’est trop court, je meurs déjà. Je n’arrive pas à y croire. Mon souffle se ralentit. C’est comme si mon sang se figeait dans mes veines. Je ne peux contrer cette mort annoncée. Le temps s’enfuit.



Une heure. Une seule. Le compte à rebours s’accélère. Plus qu’une poignée de secondes. La douleur est déjà immense. L’urgence me brise, mon sang bouillonne. 23:00. L’horloge digitale projette ses chiffres lugubres sur mes murs. À minuit je meurs. Plus que 3600 secondes avant le néant. Je ne veux pas mourir. Tout disparaît.



23:59. Plus qu’une minute. Jamais mon cœur n’a battu si vite. La fin est si proche. Je refuse, je ne peux pas finir ainsi. Plus qu’une microscopique minute. Je vais mourir. Le temps s’enfuit. 30 secondes et puis plus rien. Je ne suis déjà plus vivant. 15 secondes avant le dénouement. Je ne suis qu’un cadavre depuis si longtemps. Je meurs encore. Mort cotonneuse qui s’approche. Je ne la vois pas arriver. Où est-elle. Derrière, en face ?



5, 4, 3, 2,

1. et puis…



Silence.

lundi 11 mai 2015

Un peu de... socio




Ai-je dit un gros mot ? Non, rassurez-vous, je ne fais pas dans le social. Enfin, si, mais pas dans le social. Je veux juste citer un sociologue, qui parle des relations entre les gens. Et, à titre personnel, je trouve ça très intéressant. Il me semble qu'en comprenant ça, on peut voir certains comportements (et les nôtres dans un premier temps) sous un angle différent. Non seulement les choses font sens, mais, en plus, on peut grave s'en servir pour plein de trucs. Vous verrez. On est en 1974, sous la plume d'Erving Goffman, dans Les rites d’interaction, p.13:


« Dès lors que quelqu’un assume une image de soi qui s’exprime à travers la face qu’il présente, il est censé s’y conformer. De différentes façons dans différentes sociétés, il doit faire preuve d’amour-propre, répudier certaines actions parce qu’elles sont au-dessus ou en dessous de sa condition, et se forcer à en accomplir d’autres, même si elles lui coûtent beaucoup. Dès qu’elle pénètre dans une situation où elle reçoit une certaine face à garder, une personne prend la responsabilité de surveiller le flux des évènements qu’elle croise. Elle doit s’assurer du maintien d’un certain ordre expressif, ordre qui régule le flux des évènements, importants ou mineurs, de telle sorte que tout ce qu’ils paraissent soit compatible avec la face qu’elle présente. Dans notre société, lorsque quelqu’un montre ce scrupule d’abord par devoir envers lui-même, on parle de fierté ; quand c’est un devoir envers des instances sociales plus larges dont il reçoit l’appui, on parle d’honneur. [Si un tel scrupule s’applique aux choses du maintien, aux expressions produites par la façon dont une personne maîtrise son corps, ses émotions et les objets avec lesquels elle est physiquement en contact, on parle alors de dignité, qui constitue un aspect de ce contrôle des expressions toujours vanté et jamais étudié.] Dans tous les cas, alors même que la face sociale d’une personne est souvent son bien le plus précieux et son refuge le plus plaisant, ce n’est qu’un prêt que lui consent la société : si elle ne s’en montre pas digne, elle lui sera retirée. Par les attributs qui lui sont accordés et la face qu’ils lui font porter, tout homme devient son propre geôlier. C’est là une contrainte sociale fondamentale, même s’il est vrai que chacun peut aimer sa cellule. »

 Il ajoute, quelques pages plus loin : 

« La façon dont une personne accomplit sa part de figuration et aide les autres à accomplir la leur représente le niveau de son acceptation des règles fondamentales de l’interaction sociale. »

(Goffman, E., 1974, p.30)

Ah ! Et puis pour ceux qui n'ont pas envie de lire, vous pouvez toujours vous rabattre sur cette vidéo de Franck Lepage, Inculture(s) 1 : L'éducation populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu...
https://www.youtube.com/watch?v=96-8F7CZ_AU

Deux sujets m'ont particulièrement intéressée : lorsqu'il parle des termes d' "exploités" ou d' "oppressés" qui ont été remplacés par "défavorisés" -pour désigner les classes ouvrières et populaires. Et La Culture "avec un grand Q". Mais ceci sera l'objet d'une mise à jour de ce texte-ci ou la création d'un nouvel article si c'est vraiment trop long...

samedi 9 mai 2015

Lettre à Monsieur de Beaumarchais

28/07/2014



Monsieur de Beaumarchais,



Vous me désappointez ! Reprochez-vous à quelque amante ses infidélités ; et, de quel droit je vous prie, trouvez-vous que vous puissiez l’accabler ? Pour avoir donné des plaisirs, croyez-vous être seul à le pouvoir ? Et si cette femme en cherchât dans les bras d’autres amants, est-ce une raison pour ne la plus aimer ?

On se fait un faux honneur d’une fidélité arrachée ; si l’on s’y prête de bon gré, peut-être a-t-elle quelque chose de doux, mais si sans le souhaiter, on y consent malgré soi, que de douleurs pour chacune des parties !

Voyons, jouissez donc de qui vous plaît, et laissez à chacun le soin d’en faire de même. Il m’est avis que pour en chérir d’autres on en aime pas moins l’un. Ce n’est pas être insatisfaite ou inconstante que de chercher dans des bras étrangers les délices que l’on goûte avec vous, et il n’est pas plus injuste serment que celui qui nous lie à un unique objet et nous fait dédaigner les autres.

Vous-mêmes, cher libertin, vous piqueriez-vous d’une certaine constance ? Allons, je ne le peux croire ; souffrez, l’ami, qu’on en doutât. Eh, quoi encore !



Est-ce trahir que d’en aimer plusieurs ? Ne goûteriez-vous pas, belle plume, dans les bras d’une autre, plaisirs et voluptés ? Et ne seriez-vous pas aise de profiter de la femme infidèle d’un ami ? Allons, votre complaisance et votre esprit se trouveraient insultés si vous veniez à tolérer des écarts utiles à votre joie et que ces mêmes écarts vous soient injures dès lors que l’une ou l’autre de vos maîtresses s’en rendît coupable. De grâce, acceptez qu’on batifole avec d’autres, batifolez de même et cessez d’accabler des cœurs qui ne se livrent à vous au même titre que les autres !

Ne conviendrez-vous pas, d’ailleurs, que chaque être se trouve libre d’exercer ses charmes là où bon lui semble ? Souffririez-vous qu’on vous imposât  de ne lier qu’avec une seule quand vous souhaiteriez connaître de nouvelles couches ? Maître de votre corps, convenez donc que tous en fassent de même.

De la copie

Fin de l'été 2014. Je m'approprie, à travers la copie, de nouvelles façons de dessiner, et redécouvre le travail des maîtres.

D'après Léonard de Vinci





D'après Albrecht Dürer
 Les pieds d'un apôtre, 1508

[Edit 11/05/2015]
J'avoue ne pas avoir le courage de reprendre ce texte et de le développer pour le moment. Il s'agit d'une  ébauche d'article, et disons qu'il n'est pas ma priorité pour le moment. Pour l'instant, c'est un premier jet, une piste de réflexion ouverte. Trêve de blablas.



20/01/2015
Tentative de définition de la copie
La copie fertile

            Ce qui me semble important dans la copie, ce n’est pas de reproduire à l’identique l’œuvre d’un maître. Dans cette optique-là, le travail se limite à une sorte de production scolaire, quasi scholastique et purement technique.
            Le geste lui-même devient aride. Ce, d’autant plus si l’on cherche à "imiter", "faire comme" ou faire "aussi bien que" l’artiste. L’œuvre que l’on a tenté de singer reste imperméable, étrangère.
            Il ne s’agit donc pas « d’apprendre par cœur », de répéter trait pour trait ce qui a été fait, dans une sorte de récitation sans réflexion. L’acte devient fructueux, au contraire, lorsqu’on cherche à comprendre le trait, ce qui est donné à voir, ce que le dessin dégage… pour tenter de le transmettre.
Une copie vivante est bien plus qu’un apprentissage technique ; elle demande une attention et une écoute actives, une présence à l’œuvre. Il faut se rendre sensible, par un travail d’étonnement, à l’expressivité des traits, aux détails, à la cohérence du dessin. Impossible alors de se contenter d’un regard superficiel, puisqu’il est question de chercher à percevoir l’original dans sa totalité, de s’en saisir.
Les traits, les gestes qui ont donné vie au modèle sont, par la reproduction, intériorisés ; cette intériorisation permet la re-création d’une œuvre, sa compréhension interne par le dessin.

dimanche 18 novembre 2012

Divagations sans nom et sans but.


Ça cogne, ça casse et ça grippe. Ça s’élève et descend. Dans l’air suspendues, des silhouettes sans nom ni forme déterminée. Des corps qui se balancent, des ombres brouillées qui dansent. Respiration en suspend, je m’envole vers mes rêves d’enfant, les yeux grand ouverts sur le temps qui s’écoule et roule, roucoule sans complexe ni attache. Ça swingue dans les airs, ça virevolte et caracole, ça courbe et ça tombe, ça remonte au plus haut. Le vent souffle et caresse, les mots s’essoufflent. Disparaissent. Se tarissent.

•●0●•

Laissez-moi rien qu’une seconde encore suspendue à mes branches, à mes rêves de hauteur. Laissez-moi croire qu’un jour j’atteindrai les étoiles et la Lune avec eux.

•●0●•

Que vous importent mes illusions, mes délires et mes rires ? Sans patrie, sans attache ? Je ne le crois pas, et quand bien même… Incontrôlable ? Pas conforme à la norme ? Ça me convient. Si, le temps d’une respiration, d’un élan sanguin, fougueux et plein d’espoir je m’élevais loin de vos règles, hors de votre portée, que feriez-vous ? Qu’y pourriez-vous, vous qui cherchez à nous former, à nous normer ? Me déclareriez-vous terroriste, destructrice ? Et si au contraire je cherchais à bâtir, que détruire me répugnait ?

Je vous vois bien cois, Messieurs de la Haute Finance, préposés à l’Education et à la Jeunesse, maîtres incontestés de la politique et du bien-vivre.
Il faut recadrer les éléments perturbateurs, raboter les ailes et bâillonner ceux qui protestent trop haut, trop fort ! A l’ordre du jour, comment mater ces illuminés qui se croient un peu trop libres.
Réunion au sommet, la décision est prise. Il faut juger, condamner, enfermer, rééduquer.

•●0●•

- Car ces jeunes gens, Mesdames et Messieurs les jurés, sont avant tout victimes de leur aveuglement. Punissons-les, soyons fermes, qu’ils servent d’exemple, mais n’oublions pas de les former, de les mouler à notre image, de leur fermer les yeux, œillères bien en place afin qu’ils ne se détournent plus du droit chemin. Leur jeunesse les a égarés, troublés, et il est de notre devoir de les corriger, remanier, redresser. Mesdames et Messieurs les jurés, je vous demanderai tout de même de faire preuve de clémence à leur égard. Que la peine soit exemplaire !

•●0●•

« Objection Votre Honneur ! Je plaide coupable. Je suis, il est vrai, ivre de liberté, folle d’excès et vivante à l’extrême.
Mais dites-moi, je vous prie, vous qui me voyez de l’extérieur, qu’en pensez-vous ? Suis-je dangereuse et violente, folle furieuse ? Suis-je une menace au bon fonctionnement de vos Institutions ? Je m’en félicite ! Me craignez-vous, moi petite fille ? Soyez donc raisonnables ! Quel danger puis-je représenter ?
Trouble à l’ordre public ? Agitatrice ? J’ai, il est vrai, eu quelques beaux moments. Oh, le joli feu de joie que fit le Parlement ! Mais n’ayez crainte, il n’y avait âme qui vive dans vos grands bâtiments.
Voyez ? Je ne suis pas terroriste, ne fais de mal à personne et mes actions prêtent à sourire. La méchanceté m’est un concept étranger, et comme vous je vis pour mes principes.

Je ne suis certes pas bien-pensante et maniérée, je n’hésite pas à prendre position pour avancer. Il est aisé de faire le procès d’une individue isolée, et si je comparais aujourd’hui devant vous, avouons-le, ce n’est pas pour celle que je suis.

Enfin, vous me croyez donc frêle au point de m’écrouler sous vos regards accusateurs ? Qu’à cela ne tienne, je resterai droite et fière jusqu’au bout. Jamais vous ne me ferez taire, et si par malheur ma voix était contenue par vos barreaux et par vos murs, d’autres chanteront pour moi. Car si je suis isolée de mes sœurs, de mes frères, enfermée à triple tour, je ne serai jamais esseulée. »